Messine

Remonter ce temps qui doit être écrit
pâle vortex
chaud, bouillonnant, 
brûlante froideur
L’amour triste t’engourdit
Il est vent et poussière
En hiver le froid virginal te saisit
sous les glaces d’Orion
Avec toi le monde a un nom
Voici que vient ce moment
où tout semble s’évanouir 
pour mieux revenir
parfaite complice
Un arbre est vieux maintenant
vieux sur la terre
endormie
Son rire vient du ciel
ce pli rigide, messager 
céleste subtil
Fauve borné sous l’éclair
l'arbre sourit
Vaguement l’amour gémit
pour mieux revenir
   curieux solstice
Ceux qui rient, ceux qui disent
qui sont-ils ?
Ris, ris encore
coeur blanc
l’amour, l’amour
ne se voit pas
Tous ceux qui doutent seront détruits
évidence, séduite
L’eau, de l’eau, surgit,
la Fontaine d’Orion
Cette lettre, fleur Messine, brique 
sur ce mur, noirceur écrite
creuse maintenant un monstre, 
un terrible détroit 
carte indélébile
A jamais établies sur ces territoires
à demi-conquis,
les choses sont-elles détruites 
avant d’être créées ?
Nous retournerons en Sicile
pour célébrer l’anniversaire de cette mort
au même jour qu’elle fut arrivée
terrible Odyssée
Dans les eaux saintes 
de cette guerre 
derrière ces barreaux, statufiés 
mon Amour nous nous baignons encore et toujours
homme et femme sans tête
devant la foule
errante et sèche
les mains chaudes, humides
amoureuses

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